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Figure majeure de la philosophie moderne, Hannah Arendt est née à Hanovre le 14 Octobre 1906. Exilée en France peu avant le début de la guerre, elle échappe de peu à l 'avancée des nazis. Internée au camp de Gurs en 1940, libérée dans le désordre de l'armistice, elle parvient à rejoindre les États-­Unis où elle mourra en 1975. Hannah-arrendt

Philosophe au féminin : Hannah Arendt

AVT_Hannah-Arendt_2077Vie et œuvre confondues

Née dans une famille juive, Hannah Arendt est l'incarnation de cette culture au nom de laquelle les nazis vont persécuter les juifs. Libre et cultivée, elle est l'élève de Heidegger, Husserl et Jonas. De son exil elle tirera une philosophie dont le principal objectif est d'essayer de penser l'horreur du totalitarisme.

« Le fil de la tradition est rompu » écrit­-elle pour qualifier l'effondrement de la civilisation sous les doubles coups du nazisme et du stalinisme.

Totalitarisme et humanisme

Hannah Arendt ne se contente pas de diagnostiquer le mal. Elle propose des solutions. S'interrogant sur les moyens de se préserver contre la tentation totalitaire elle élabore une philosophie qui entend renouer le fil de la tradition afin de s'ancrer dans l'humanisme.

D'un côté, elle s'efforce de regarder en face la banalité du mal en analysant la figure d'Eichmann : comment un petit fonctionnaire médiocre mais consciencieux peut­-il être devenu le pire des génocidaires ? De l'autre, elle propose de revenir aux origines de la Démocratie : Athènes et Rome.

Pour résumer en une phrase toute la pensée d'Hannah Arendt, on peut rappeler sa citation préférée de Cicéron, tirée des Tusculanes : « Je préfère au nom du ciel m'égarer avec Platon plutôt que voir juste avec ses adversaires. »

Le jugement et le goût se doivent d'être au-­delà de toute contrainte. Ne pas subir le poids des jugements, être libre à tous points de vue, Hannah Arendt l'aura été jusque dans sa vie privée.

Vie privée et féminité

hannaharendtPour la philosophe, la pluralité est une nécessité, la garantie d'un monde libre. Elle s'est penchée avec attention sur la différence homme/femme, la « petite différence » ainsi que l'appelait Rosa Luxembourg, un petit rien qui donne toute sa valeur au fait d'être femme.

Consciente de l'utilité et de l'importance des luttes féministes, Hannah Arendt n'a pourtant jamais adhéré à aucun mouvement. Elle leur reproche d'enfermer les femmes dans un ghetto qui les coupe du monde et des luttes alors que sa pensée insiste sur la nécessité de prendre part à la vie de la cité et du foyer.

« Elle était beaucoup trop féminine pour être féministe » aimait à dire son ami, le philosophe Hans Jonas. « Elle aimait recevoir des fleurs, être accompagnée... jouir des attentions que les hommes réservent aux femmes. Elle était aussi une femme belle, douée de magnétisme et de la capacité infaillible de distinguer entre amitié féminine et amitié virile ».

Au bout de compte, sa féminité aura été l'affirmation d'une totale liberté.

Texte : Laëtitia Colonna


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