Retour
Il existe peu de personnes qui se sont autant engagées au cours de leur vie que Madeleine Pelletier. Elle s'est battue pour devenir la première psychiatre en France en 1906, elle a été militante politique, journaliste, franc-maçonne et surtout une farouche féministe qui pensait que la femme doit être « un individu avant d'être un sexe ». 20171103_Mathlide-Pelletier_1

Madeleine Pelletier : 1ère femme psychiatre en France, mais aussi une grande féministe

Il existe peu de personnes qui se sont autant engagées au cours de leur vie que Madeleine Pelletier. Elle s'est battue pour devenir la première psychiatre en France en 1906, elle a été militante politique, journaliste, franc-maçonne et surtout une farouche féministe qui pensait que la femme doit être « un individu avant d'être un sexe ».

Une femme décidée à devenir psychiatre

Elle nait en 1874 dans un milieu modeste. Elle étudie seule, passe le bac en 1897 et choisit la médecine. Elle s'intéresse à l'anthropologie et rédige un mémoire sur les tailles comparées crâne / cerveau, battant en brèche la théorie d'une intelligence supérieure de l'homme.

L'avortement est quelquefois dangereux, mais uniquement parce qu'il est défendu, car l'opération est des plus bénignes. Si l'article 317 était aboli et que l'on permette aux médecins de délivrer jusqu'à trois mois de la grossesse, les personnes qui le leur demandent, il n'y aurait, on peut dire, jamais d'accident.

Elle choisit en 4ème année la psychiatrie et veut passer l'internat en 1902. Le concours lui est interdit, le règlement stipulant qu'il faut jouir de ses droits civiques. Les femmes sont donc exclues, n'ayant pas le droit de vote. Madeleine Pelletier fait campagne, aidée par le journal féministe la Fronde et passe l'internat. Elle devient ainsi en 1906 la 1ère femme médecin psychiatre. Elle ouvre un cabinet mais il est peu fréquenté. Elle devient médecin des Postes et urgentiste de nuit. Lorsque la guerre éclate en 1914, on lui refuse l'accès aux unités médicales sur le front. Elle s'engage pour la Croix-Rouge et soigne des combattants de tous pays.

Une féministe très engagée

Parallèlement à ses activités de médecin, Madeleine Pelletier s'engage dans la société. Elle est initiée dès 1904 dans la franc-maçonnerie puis rejoint la SFIO en 1906. Plus tard, elle se rapprochera des anarchistes. Elle veut, au sein de ces groupes, faire progresser ses idées féministes avant-gardistes comme le droit à l'avortement mais se heurte partout aux préjugés sexistes. Car Madeleine Pelletier est une féministe active et radicale, elle critique le sexisme de la société et le conformisme des femmes. Elle théorise son action en fondant une revue, la Suffragiste, et en écrivant des livres dont « la femme en lutte pour ses droits » (1907) et « l'émancipation sexuelle des femmes » (1911). Elle prône une égalité totale dans la société pour garantir en retour les droits politiques féminins. En 1939, alors qu'elle est diminuée physiquement, elle est accusée à tort d'avoir pratiqué un avortement. Madeleine Pelletier est déclarée dangereuse, internée à l'asile psychiatrique où elle meurt le 29 décembre. « Les femmes, même après la réalisation du féminisme, tel que nous le concevons, resteront donc des femmes, comme les hommes resteront des hommes. Ce que nous voulons supprimer, ce n'est pas le sexe féminin, mais la servitude féministe, servitude que perpétuent la coquetterie, la retenue, la pudeur exagérée, les mièvreries de l'esprit et du langage ; toutes choses qui ne sont en aucune façon des caractères sexuels secondaires, mais simplement les résultats de l'état de dépendance physique et morale dans laquelle les femmes sont tenues. »

Texte : Nathalie STRAUCH / Photos : Agence Rol - iStock

20171103_Mathlide-Pelletier_3