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Nettie Stevens (1861 – 1912) est une généticienne américaine, qui, au début du XXème siècle, fait une des plus importantes découvertes de l’époque. Ses travaux l’amènent à conclure que le sexe des individus est déterminé par les chromosomes X et Y. Malgré l’importance de sa découverte, Nettie Stevens n’en tire aucune reconnaissance.
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Nettie Stevens, une généticienne de génie, pourtant méconnue

Nettie Stevens (1861 – 1912) est une généticienne américaine, qui, au début du XXème siècle, fait une des plus importantes découvertes de l’époque. Ses travaux l’amènent à conclure que le sexe des individus est déterminé par les chromosomes X et Y. Malgré l’importance de sa découverte, Nettie Stevens n’en tire aucune reconnaissance.

Une vie dédiée aux études et à la recherche

Nettie Stevens nait dans une famille qui pousse ses enfants à étudier. Brillante, elle suit en 2 ans le programme prévu pour 4 à la Wesfield Normal School et entame, à 19 ans, une carrière d’institutrice qu’elle poursuit pendant 10 ans. Elle devient alors bibliothécaire. Elle peut étudier seule et économise pour suivre une formation universitaire, qu’elle commence à 35 ans à l’Université Stanford. Elle choisit la biologie et obtient son diplôme en 1900. Elle poursuit ses recherches en cytologie en vue d’un doctorat au Bryn Mawr College (Philadelphie), endroit réputé pour la biologie. Thomas Hunt Morgan, successeur d’Edmund B. Wilson, précurseur de la biologie cellulaire américaine, est son directeur de thèse. Nettie Stevens obtient son doctorat en 1903.

Une découverte mal reconnue par la communauté scientifique

Elle continue ses recherches au Bryn Mawr College, travaille avec Wilson et Morgan et s’intéresse à la cytogénétique, à l’embryologie et plus particulièrement à la détermination du sexe de l’embryon. En 1905, ses études sur les coléoptères lui permettent d’identifier le chromosome Y et de comprendre son rôle dans la détermination sexuelle. Mais de nombreux scientifiques, dont Thomas Hunt Morgan, ne reconnaissent pas l’importance majeure de la découverte de Nettie Stevens. Il faut attendre que Wilson confirme la même année, par ses propres recherches, cette découverte pour que le rôle du chromosome Y soit accepté. Nettie Stevens continue ses recherches sur les chromosomes, en s’intéressant cette fois aux chromosomes féminins, mais décède à 50 ans. Thomas Hunt Morgan recevra le prix Nobel
de Médecine en 1933 pour « ses découvertes sur le rôle joué par le chromosome dans l’hérédité ». Il n’aurait pourtant pu mener ses recherches sans la découverte de Nettie Stevens, oubliée par la postérité et qu’il avait rabaissé au rang de technicienne dans son article « The scientific work of Miss N. M. Stevens », publié après la mort de la scientifique.

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Texte : Nathalie STRAUCH / Photos : Wikipédia

Thomas Hunt Morgan a écrit de Nettie Stevens qu’elle était plutôt « une technicienne qu’une réelle scientifique ». Avant qu’elle ne découvre le rôle des chromosomes, il avait pourtant rédigé une lettre de recommandation en ces termes : « parmi les étudiants que j’ai eu au cours des douze dernières années, je n’en ai pas eu un seul aussi capable et indépendant dans la recherche que mademoiselle Stevens ».