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On pense généralement que les plantes sont passives et que la communication est l'apanage du monde animal. Mais depuis une quinzaine d'années, on commence à comprendre que les plantes communiquent entre elles et avec les insectes, s'adaptent à des environnements hostiles et mettent en place des stratégies pour lutter contre les agressions et prévenir leurs voisins.
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Et si les plantes communiquaient ?

On pense généralement que les plantes sont passives et que la communication est l'apanage du monde animal. Mais depuis une quinzaine d'années, on commence à comprendre que les plantes communiquent entre elles et avec les insectes, s'adaptent à des environnements hostiles et mettent en place des stratégies pour lutter contre les agressions et prévenir leurs voisins.

Une communication chimique aérienne

Les plantes dialoguent en émettant des particules chimiques. Volatiles, elles sont absorbées par les plantes voisines ; un message peut ainsi se transmettre de plante en plante, en priorité dans la même espèce. Ces émissions chimiques constituent un moyen d'alerte ou une demande d'aide. Ainsi une plante dévorée libère dans l'air des molécules comme message d'alerte. Les plantes environnantes produisent alors des toxines qui les rendent immangeables. Un chêne attaqué par une chenille (dont il reconnaît la salive) émet dans l'air de l'éthylène perçu par les arbres voisins ; pour se défendre, ils augmentent la teneur en tanin de leurs feuilles. Les végétaux peuvent aussi communiquer avec des insectes. C'est ce que font la tomate ou le chou lorsqu'il sont attaqués : par des signaux hormonaux, ils « appellent » les prédateurs de leurs prédateurs, qui se font dévorer.

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Des échanges d'informations grâce aux champignons du sol

Ces champignons tapis sous le sol et enchevêtrés avec les racines, forment un réseau nommé « wood wide web » (similaire au réseau internet). Les échanges plantes/champignons sont bénéfiques pour les 2 parties : les plantes fournissent des glucides et les champignons aident les végétaux à recueillir eau et éléments nutritifs. Une « communication » entre plantes s'établit via les champignons, notamment pour s'entraider. Ainsi, le hêtre distribue par ce biais les nutriments aux hêtres alentour, si bien que tous les hêtres profitent in fine d'assez d'eau, de nutriments et de carbone, même s'ils poussent à l'ombre. Le réseau fongique permet aussi aux plantes de s'avertir d'un danger potentiel. C'est ce que font les fèves lorsqu'elles subissent une attaque de pucerons. Les pieds de fève reliés par les champignons au pied attaqué se défendent chimiquement quand ceux qui ne le sont pas ne réagissent pas. On commence juste à entrevoir comment les végétaux utilisent leurs capteurs sensoriels pour s'adapter et communiquer. Une chose est sûre : la plante verte n'est pas si passive qu'on le pense !

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Texte : Nathalie STRAUCH / Photos : Shutterstock

Les plantes dialoguent en émettant des particules chimiques. Volatiles, elles sont absorbées par les plantes voisines ; un message peut ainsi se transmettre de plante en plante, en priorité dans la même espèce.

Ce n'est guère exagéré que de dire que l'extrémité de la radicule se comporte comme le cerveau d'un des animaux de bas niveau. Charles Darwin - 1880.

Il faut considérer les arbres comme nous le faisons des animaux : on sait qu'ils peuvent souffrir, communiquer entre eux, que certaines espèces ont besoin de vivre en groupe quand d'autres sont solitaires... Peter Wohlleben.

Un exemple spectaculaire décrit par Wouter Van Hoven : acacias et koudous. Des koudous friands de feuilles d'acacias ont été trouvés morts de faim à côté de ces arbres. Des analyses ont montré que les acacias avaient produit des tanins en grande quantité, rendant les feuilles toxiques pour les koudous, dont le grand nombre représentait un risque pour la survie des acacias. Le message avait été transmis d'arbre en arbre : les feuilles d'acacia déchiquetées par les koudous émettaient de l'éthylène, détecté par les feuilles des acacias voisins qui se mettaient alors à secréter aussi des tanins.


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