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Les expérimentations animales sont de plus en plus remises en question, tant sur le plan éthique que scientifique. Les entreprises pharmaceutiques, chimiques ou cosmétiques ont néanmoins besoin de tester la toxicité de leurs produits. Une société de biotechnologie toulousaine créée en 2011, Genoskin, propose un modèle à base de peau humaine beaucoup plus fiable.
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Une société toulousaine a développé une solution pour remplacer certaines expérimentations animales

Les expérimentations animales sont de plus en plus remises en question, tant sur le plan éthique que scientifique. Les entreprises pharmaceutiques, chimiques ou cosmétiques ont néanmoins besoin de tester la toxicité de leurs produits. Une société de biotechnologie toulousaine créée en 2011, Genoskin, propose un modèle à base de peau humaine beaucoup plus fiable.

Un modèle unique au monde

Genoskin récupère les excès de peau consécutifs à une abdominoplastie (après consentement du donneur). Elle les utilise avec un procédé unique au monde : les échantillons de peau, grâce à une matrice biologique brevetée depuis 2012, sont maintenus vivants pendant 7 jours. C’est suffisant pour les acheminer auprès des laboratoires, qui font ainsi leurs expérimentations sur de la peau humaine vivante. Genoskin a, en 2017, déposé un nouveau brevet pour des kits à base de peau inflammatoire de type psoriasis. Elle s’intéresse maintenant à des modèles pour tester des produits injectables. Genoskin fournit donc aux laboratoires un service unique : ceux-ci testent la toxicité de leurs produits sur les échantillons les plus susceptibles de reproduire les mêmes effets que le tissu humain in vivo.

Un modèle qui remet en cause l’expérimentation animale

Avant que Genoskin ne commercialise ses kits à base de peau humaine, les laboratoires étaient contraints d’utiliser d’autres supports pour leurs tests (peau bio-imprimée, peau animale). Mais les résultats, moins fiables, étaient scientifiquement discutables : aucun des supports ne reproduit les caractéristiques exactes de la peau humaine vivante et ne peut réagir exactement comme elle. Parallèlement, les expérimentations animales ont de plus en plus mauvaise presse auprès d’une opinion publique sensibilisée à la souffrance et qui les considère comme non éthiques. Les législations ont évolué dans le même sens : en 2013, l’Europe, Israël et l’Inde ont interdit les tests sur animaux dans le domaine de la cosmétique. Pour ces entreprises, les produits Génoskin constituent une réponse efficace aux problématiques scientifiques de test, aux aspirations éthiques et à l’obligation de se conformer à la législation. Aux USA, les tests sur animaux ne sont pas interdits même s’ils sont controversés. Pour répondre aux énormes besoins américains qui représentent 50% de son marché, Génoskin a ouvert un centre de production à Boston.

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Les essais sur les animaux sont inefficaces, longs, coûteux et de plus en plus mal perçus du grand public », explique Pascal Descargues, fondateur et PDG de Genoskin « Normalement, quand un tissu est prélevé sur le corps humain, il meurt rapidement. Mais grâce à notre procédé, des tests peuvent être effectués comme si la peau était encore vivante, avec toutes ses caractéristiques : cellules immunitaires, élasticité, capacité à bronzer... Ces échantillons sont la dernière étape juste avant l'essai clinique. » explique Pascal Descargues, fondateur et PDG de Genoskin

Texte : Nathalie STRAUCH / Photos : Genoskin - Shutterstock

Pour en savoir plus, www.genoskin.com

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