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L’électrosensibilité ou intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques se définit comme une intolérance aux ondes électromagnétiques artificielles. De plus en plus de personnes s’en plaignent, à tel point qu’on estime qu’en France, 600 000 personnes au moins en ressentent les effets. Depuis 2015, la justice reconnaît l’électrosensibilité comme un handicap.
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L'électrosensibilité : Une intolérance invalidante de plus en plus répandue

L’électrosensibilité ou intolérance environnementale idiopathique attribuée aux champs électromagnétiques se définit comme une intolérance aux ondes électromagnétiques artificielles. De plus en plus de personnes s’en plaignent, à tel point qu’on estime qu’en France, 600 000 personnes au moins en ressentent les effets. Depuis 2015, la justice reconnaît l’électrosensibilité comme un handicap

Qu’est-ce que l’électrosensibilité ?

Est électrosensible la personne souffrant de symptômes causés par les ondes électromagnétiques artificielles. Les personnes atteintes ont une qualité de vie dégradée : elles évoquent une fatigue importante, un état dépressif, des maux de tête, palpitations, picotements, brûlures, sensations de décharge électrique. Les plus touchées souffrent tant qu’elles cherchent à éviter tout champ électromagnétique. Elles organisent leur vie pour réduire les conséquences de l’électrosensibilité, allant jusqu’à déménager dans les rares « zones blanches » sans ondes. Leur isolement se conjugue souvent avec l’incompréhension de l’entourage, rendant leur vie encore plus difficile.

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Les études menées par le docteur Belpomme

Pour le docteur Belpomme, qui a publié les résultats de son étude dans « Reviews on Environnemental Health », l’électrosensibilité est liée à 2 facteurs : la génétique et le temps d’exposition aux ondes. Il a élaboré une méthode de diagnostic basée sur la détection d’anomalies sanguines et urinaires couplée à un scanner cérébral. Il détecte dans le cerveau une inflammation consécutive à l’exposition aux ondes et propose un traitement, qui, s’il ne permet pas la guérison, offre aux malades une meilleure qualité de vie en diminuant sensiblement leurs désagréments physiques. Ils restent pourtant électrosensibles et doivent se prémunir des ondes.

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Des mesures simples pour se protéger

Une des premières mesures consiste à ne pas laisser d’appareils en veille, mais à les débrancher. On doit aussi relier les prises à la terre, éloigner tout appareil électrique du lit pour se prémunir des ondes pendant le sommeil. Il faut également isoler l’endroit où on utilise le wifi (il existe des papiers peints spéciaux). Plus élaboré, on peut installer dans son tableau électrique un biorupteur, qui coupe l’électricité puis la remet en cas de besoin (allumage d’une lampe par exemple). Enfin le principe de précaution doit s’appliquer pour les jeunes enfants et les femmes enceintes.

Seule une partie de ma maison est électrifiée et, la nuit, je coupe le disjoncteur. Ce qui me manque le plus, c’est la liberté de mouvement. Je suis bien dans mon bocal, mais si j’en sors, je brûle. Aujourd’hui, les réseaux de téléphonie mobile, de Wi-Fi ou de Wi-Max couvrent l’ensemble du territoire : il n’y a plus d’endroit dans lequel nous pouvons nous réfugier pour nous sentir bien. L’électro-sensibilité, c’est une vie d’errance, d’isolement, de précarité. Il faut essayer de vivre au mieux, mais nous sommes des exclus ! », indique Philippe Tribaudeau président de l’association « Une terre pour les EHS. »

Texte : Nathalie STRAUCH / Photos : Shutterstock

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