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Les mesures de l'accord Arrco Agirc signé le 30 octobre dernier ont vocation à préserver l'équilibre des régimes obligatoires des salariés du privé. Les régimes obligatoires des médecins, aujourd'hui encore excédentaires, vont à leur tour faire face à un prochain besoin de financement. À quoi s'attendre, comment s'y préparer ? Françoise Kleinbauer, PDG du spécialiste de l'expertise retraite France Retraite, répond à nos questions.
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Préparer sa retraite : une nécessité pour la femme médecin

La Rédaction de Femmes Médecins : Comment fonctionne un régime par répartition ?

Françoise Kleinbauer : En clair, ce sont les cotisations des actifs qui servent à payer les pensions des retraités. Ce mode de financement est aujourd'hui menacé en raison tout d'abord de l'allongement de la durée de vie : on a donc des retraités à qui l'on doit verser une pension pendant plus longtemps que par le passé.

D'un autre côté, la population active et cotisante diminue. Et c'est particulièrement vrai pour la profession de médecin : les effectifs des médecins généralistes libéraux sont en chute d'environ 4% depuis 2005, avec un vieillissement sensible des cotisants : leur âge moyen est passé de 41,4 ans en 1991 à 52,58 en 2012. La question essentielle : quand la majorité de ces cotisants aura à son tour atteint l'âge du départ en retraite, restera-t-il suffisamment de jeunes médecins pour la financer ?

 

R.F.M : Quid de la situation des femmes ?

Retraite-000036655064-webF.K. : Elles représentent près de 35 % de la population médicale libérale française, mais elles sont indiscutablement pénalisées par les régimes de retraite et leurs réformes.

Leur revenu en activité est déjà en moyenne inférieur d'un tiers à celui des hommes : elles cotisent donc moins pour leur retraite.

En cause : la carrière des femmes est souvent heurtée (temps partiel, alternance de salariat et de libéral), ou interrompue par la maternité et les choix familiaux.

Leur volume d'activité serait inférieur de 25% à celui de leurs homologues masculins, selon une étude de l'INSEE du 11 février 2015.

Ceci n'est pas sans incidence sur leurs droits à retraite.

La longueur des études, l'internat et l'exonération de cotisation de la première, voire de la deuxième année d'installation, rallonge pour tous la durée de cotisation nécessaire pour atteindre le taux plein.

Depuis 2013, un allongement progressif de la durée d'un trimestre tous les 3 ans a été adopté à partir de la génération née en 1958 pour atteindre 43 ans de cotisations pour les générations de 1973 et au-delà.

Quand on sait que la durée de cotisation a vocation à augmenter au fil des réformes, l'obtention pour les femmes du taux plein ressemble fort à une course dont la ligne d'arrivée s'éloigne au fur et à mesure qu'on s'en approche.

Ces disparités impactent les pensions qu'elles percevront. Sans statistiques précises sur le sujet, ces dernières seront mécaniquement inférieures à celles perçues par les hommes.

 

R.F.M : Dans ce contexte, comment préparer sa retraite ?

F.K. : Le maître mot : ANTICIPER !

Et pour ça, il faut, à intervalles réguliers, connaître ses droits à retraite. C'est-à-dire son montant et sa date de départ à taux plein mais aussi l'effet d'une prolongation d'activité ou de l'anticipation du départ.

Ce n'est qu' à partir d'une évaluation précise du montant de sa future retraite que l'on peut mettre en place les solutions pour subvenir à ses futurs besoins. On peut alors articuler l'épargne individuelle ou le rachat de trimestres pour construire son revenu à la retraite.

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