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En 2003, le Conseil national de l’ordre des médecins créait un observatoire de la sécurité, chargé de faire annuellement le point sur les agressions. La barre symbolique des 1000 agressions a été franchie en 2017. L’augmentation des violences à l’encontre du corps médical s’accentue en plus d’année en année.
Agressions médecins 01

Augmentation des violences à l’encontre des médecins

En 2003, le Conseil national de l’ordre des médecins créait un observatoire de la sécurité, chargé de faire annuellement le point sur les agressions. La barre symbolique des 1000 agressions a été franchie en 2017. L’augmentation des violences à l’encontre du corps médical s’accentue en plus d’année en année.

1035 agressions déclarées à l’Ordre en 2017

Le chiffre est consternant : 1035 médecins ont déclaré avoir été agressés en 2017, contre 968 en 2016 et 920 en 2010. On atteint 5,2 agressions déclarées pour 1000 médecins en activité. Non seulement c’est le plus haut chiffre jamais atteint, mais en plus, il est bien en dessous de la réalité : les déclarations ne représentent que 20 % des agressions réellement perpétrées, beaucoup de médecins ne portant pas plainte.

Les médecins les plus agressés sont les généralistes (61 % des incidents alors qu’ils représentent 44 % des praticiens) et les femmes (51 % des personnes agressées même si elles ne constituent que 47 % des médecins). Le chiffre des femmes victimes augmente d’année en année (« seulement » 46% en 2016).

Agressions médecins 02

Le patient, agresseur dans 50 % des cas

Attente jugée trop longue, prescription refusée ou non conforme aux souhaits sont les principaux motifs évoqués par les patients pour s’en prendre à leur médecin. Les agressions se font principalement au cabinet (76%) ; les services d’urgence sont aussi touchés, même si le chiffre reste faible (1%).

Tout y passe : injures et menaces sont les agressions les plus courantes (62%), mais il y a aussi les vols (23%), le vandalisme (8%) sans compter les crachats, les agressions sexuelles, le harcèlement, le chantage et même les agressions physiques (7%). Plus alarmant : dans 2% des cas, l’agresseur était armé

Ces agressions ont bien évidemment des conséquences désastreuses sur les médecins agressés, tentés de rester moins tard, d’arrêter les visites ou même de déplacer leur cabinet. Mais leurs autres patients sont aussi traumatisés. 

Le gouvernement interpelé

L’ordre des médecins espère que le ministère de l’intérieur prendra conscience du problème majeur que révèle ces agressions et propose de mettre en place une application pour relier les médecins aux forces de l’ordre. Ils seraient ainsi mieux protégés, comme le sont par exemple les banquiers et les bijoutiers.

Propos recueillis par Nathalie STRAUCH / Photos : Shutterstock

L'observatoire pour la sécurité des médecins

Pour répondre aux questions des médecins qui souffrent d’un sentiment d’insécurité :

Accéder au site

Fiche de signalement

La " fiche de signalement " permet aux médecins victimes d'agression de transmettre l'information à leur conseil départemental (déclaration en ligne) :

  • pour que le médecin agressé reçoive, s'il le souhaite, le soutien de l'institution ordinale
  • pour permettre au Conseil de l'Ordre de connaître plus précisément la nature des événements au niveau local, d'analyser les problèmes rencontrés par les praticiens et d'étudier les réponses possibles.

Fiche de signalement

Pour certains, elles (les femmes) sont clairement une cible, Il n'y a jamais eu autant de violences. Ce sont des insultes, des crachats, des vols, des agressions sexuelles, des coups.

Dr Hervé Boissin, médecin généraliste et coordonnateur de l'observatoire de la sécurité au Conseil national de l’ordre des médecins

Depuis la création de l'observatoire qui date de 2003, c'est la première fois qu'on dépasse le seuil de 1.000 médecins agressés qui ont fait une déclaration.

Dr Hervé Boissin

Je lui ai demandé ce qui l'amenait, il m'a rétorqué que j'avais des questions idiotes. J'ai trouvé ça sec et insultant mais j'ai continué. Puis il m'a lancé que j'examinais mal, qu'il ne m'aimait pas... Je lui ai dit que ça suffisait et l'ai raccompagné.

Claire Marie, médecin remplaçante, qui a pris un coup de poing en pleine figure