Retour
Le 24 novembre 2015, le président gambien Yahya Jammeh annonçait l'interdiction de l'excision avec effet immédiat. Le parlement a entériné cette décision le 28 décembre dernier à une large majorité : désormais l'excision est pénalement réprimée en Gambie.
20160629_FM_Excision-1

La Gambie interdit l'excision

Le 24 novembre 2015, le président gambien Yahya Jammeh annonçait l'interdiction de l'excision avec effet immédiat. Le parlement a entériné cette décision le 28 décembre dernier à une large majorité : désormais l'excision est pénalement réprimée en Gambie.

L'excision passible de sanctions

L'excision n'est pas une pratique dictée par l'islam.

Jusqu'au 28 décembre, aucun texte n'existait sur l'excision. Le président Yahya Jammeh justifie sa décision en affirmant que l'excision n'est pas une pratique dictée par l'islam. Elle peut donc être abolie, pour permettre « la protection des fillettes ». L'excision est désormais considérée comme une blessure volontaire, passible de peines de prison jusqu'à 3 ans, et pouvant être assorties d'une amende de 1 200 €.

Une population féminine très touchée par l'excision

La pénalisation de l'excision va faire respecter les droits des femmes et des filles pour leur éviter des pratiques nuisibles à leur santé et leur bien-être.

D'après l'UNICEF, la Gambie est un des 10 pays où l'excision est la plus pratiquée : les ¾ de la population féminine a dû subir des mutilations génitales, souvent effectuées dans de mauvaises conditions d'hygiène, sources de graves problèmes de santé et de lourdes séquelles psychologiques. La pénalisation de l'excision « va faire respecter les droits des femmes et des filles pour leur éviter des pratiques nuisibles à leur santé et leur bien-être », souligne la vice-présidente gambienne.

La mise en application de la loi va se heurter à une difficulté de taille : faire évoluer les mentalités et les comportements autour de cette mutilation toujours très pratiquée.

 

20160629_FM_Excision-2© iStock

L'excision encore très présente en Afrique

L'excision est proscrite par le droit international. L'UNICEF note pourtant en 2013 que plus de 125 millions de femmes vivant actuellement dans une trentaine de pays d'Afrique et du Moyen-Orient ont subi cette pratique. 3 millions de filles risquent encore d'étre excisées tous les ans. La diminution de l'excision n'est pas assez rapide par rapport à l'augmentation de la population : sans accélération de la tendance, 4 millions de femmes seront mutilées chaque année à l'horizon 2035.

C'est pourquoi l'interdiction de l'excision au Nigéria puis en Gambie est si importante. La Gambie devient le 21ème pays à interdire l'excision. Le prochain sera peut-être la Somalie où elle est largement pratiquée. C'est le combat mené par Sahra Ali Samatar, la ministre des femmes et des affaires familiales.

Texte : Nathalie Strauch
Photos : iStock