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Le dépistage du cancer du sein est nécessaire mais demande des examens invasifs et coûteux. Une voie alternative est actuellement à l'étude sous l'égide de l'institut Curie : faire dépister précocement ce cancer grâce à l'odorat des chiens. Ce projet, appelé Kdog, fait appel à l'expertise de l'entreprise cynophile ITDC, installée en Haute-Vienne.
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Dépister le cancer du sein : l'odorat des chiens pourrait être une avancée

Le dépistage du cancer du sein est nécessaire mais demande des examens invasifs et coûteux. Une voie alternative est actuellement à l'étude sous l'égide de l'institut Curie : faire dépister précocement ce cancer grâce à l'odorat des chiens. Ce projet, appelé Kdog, fait appel à l'expertise de l'entreprise cynophile ITDC, installée en Haute-Vienne.

Pourquoi un tel projet ?  

Des études ont déjà prouvé que les chiens peuvent détecter certaines cellules cancéreuses. Ils peuvent détecter des cancers de la prostate en flairant l'urine de patients atteints. Une étude autrichienne de 2012 a montré que les chiens réussissaient à 70% à détecter un cancer du poumon en flairant l'haleine des patients. Devant ces constats, l'entreprise ITDC (qui dresse les chiens à la détection de stupéfiants ou d'explosifs) lance le projet Kdog avec l'institut Curie. L'objectif : voir si le cancer du sein a une odeur et si elle est détectable par les chiens spécialement entrainés. 
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2 bergers malinois en apprentissage 

Thor et Nykios participent à une étude préliminaire de 6 à 9 mois pendant laquelle ils vont apprendre à détecter l'odeur du cancer du sein, en profitant de leur capacité à « emmagasiner un catalogue d'odeurs presque infini » (Jacky Experton - ITDC). L'un devra reconnaître des tissus imprégnés de la transpiration des patientes, l'autre, des prélèvements des tumeurs. Les rôles seront ensuite inversés. Des tests en aveugle auront ensuite lieu avec des prélèvements provenant de patientes malades ou non, pour voir si les chiens reconnaissent les tissus infectés. Le comportement des chiens sera décrypté par l'expert cynophile pour l'institut Curie.
 
En cas de résultat concluant, l'institut pourrait alors envisager un essai clinique de plus grande envergure. Les bénéfices d'une détection du cancer du sein par l'odorat des chiens sont immenses : mobilité, dépistage non invasif, très faible coût. On pourrait ainsi, non seulement améliorer le dépistage dans les pays développés, mais aussi mettre en place un dépistage dans les pays en voie de développement qui ne peuvent bénéficier des méthodes classiques trop coûteuses.

Texte : Nathalie STRAUCH / Photos : Shutterstock