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Dans le cadre du Gut Microbiota For Health World Summit (GMFH, Rome, 10 et 11 mars 2018), le laboratoire Biocodex a organisé un atelier (le 9 mars) sur l’exploration des conséquences à court, moyen et long termes des traitements antibiotiques sur le microbiote intestinal. L’atelier était présidé par Elena Verdu, professeur associée à l’Université McMaster (Hamilton, Canada) dont elle dirige l’Axenic Gnotobiotic Unit.
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Lutter contre la dysbiose intestinale post-antibiotique pour limiter les conséquences ultérieures

Dans le cadre du Gut Microbiota For Health World Summit (GMFH, Rome, 10 et 11 mars 2018), le laboratoire Biocodex a organisé un atelier (le 9 mars) sur l’exploration des conséquences à court, moyen et long termes des traitements antibiotiques sur le microbiote intestinal. L’atelier était présidé par Elena Verdu, professeur associée à l’Université McMaster (Hamilton, Canada) dont elle dirige l’Axenic Gnotobiotic Unit.

Depuis le milieu du XXe siècle, les antibiotiques ont considérablement amélioré le pronostic des pathologies infectieuses. Cette grande victoire est néanmoins à l’origine de deux nouveaux défis pour les praticiens et les chercheurs : le combat contre le développement de résistances des bactéries et la lutte contre la perturbation du microbiote intestinal par les traitements antibiotiques.

Mieux comprendre l’impact des antibiotiques sur le microbiote

Le terme « microbiote » désigne l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus et champignons) vivant à la surface des muqueuses. Entre 800 et 1000 espèces de bactéries constituent le microbiote intestinal (soit 3 à 4 x1013 bactéries). L’ensemble de ces microbes entretient une relation complexe avec leur hôte, selon un équilibre participant à de nombreuses fonctions biologiques telles que la digestion ou encore le développement du système immunitaire. 

Dysbiose intestinale, un facteur de risque identifié

Au cours des dernières années, la technique de la métagénomique a permis de faire des avancées capitales dans la connaissance de l’impact des antibiotiques sur le microbiote d’un point de vue microbiologique. Tout antibiotique – quel que soit sa famille d’appartenance – entraîne une rupture de l’équilibre du microbiote intestinal appelée dysbiose. Cette dysbiose est notamment caractérisée par une perte de la diversité microbienne à l’origine d’une perturbation des fonctions dans lesquelles le microbiote joue un rôle clé. La dysbiose post-antibiotique est durable. Il a été montré que le retour du microbiote intestinal à son état d’équilibre initial varie d’un individu à l’autre et nécessite généralement plusieurs mois (d’après la communication « Gut microbiota and antibiotics : a microbiologist perspective » de Laurence Armand-Lefevre, hôpital Bichat-Claude Bernard, Paris).

La dysbiose intestinale, et les perturbations qu’elle entraîne, ont de multiples conséquences en santé humaine, aussi bien à court qu’à long terme. La prise d’antibiotique est un phénomène de grande ampleur : on estime en effet que dans les pays développés, 50 % des enfants ont reçu un traitement antibiotique avant l’âge de 1 an. Si on connait depuis longtemps le risque de diarrhées post-antibiotique (10 à 30 % des cas en pédiatrie), on découvre depuis quelques années à travers de larges études épidémiologiques le lien entre la dysbiose intestinal et des pathologies chroniques impliquant des mécanismes inflammatoires, allergiques ou auto-immuns. Citons ainsi l’obésité, le syndrome de l’intestin irritable, ou encore l’asthme (d’après la communication « Short and long-term impacts of antibiotic use » d’Alexis Mosca, hôpital Robert Debré, Paris).

Prévenir la dysbiose intestinale

Trois publications ont été mises en avant par Ciarán Kelly sur l’utilisation de Saccharomyces boulardii CNCM I-745 en association aux traitements antibiotiques. Il a été montré que la souche Saccharomyces boulardii CNCM I-745 permet de :

  • réduire l’impact des traitements antibiotiques en minimisant la perte en diversité bactérienne ;
  • limiter le risque de survenue de diarrhée associée aux antibiotiques ;
  • favoriser un retour rapide à l’état d’équilibre initial du microbiote intestinal.

Pour Ciarán Kelly, « un usage optimal de Saccharomyces boulardii CNCM I-745 consisterait en l’administration pendant l’antibiothérapie et durant 15 jours après l’arrêt de l’antibiothérapie. »

Est-ce valable pour toutes les tranches d’âge ? Des études devraient être menées pour préciser ce point. 

D’après la communication « How do we preserve the gut microbiota balance? » de Ciarán Kelly, Beth Israel Deaconess Medical Center, Boston. 

GUT SUMMIT 2018 : Symposium « Impact of antibiotic treatment
on gut microbiota: short and long-term consequences »
Modératrice : ELENA VERDU (Farncombe Family Digestive
Health Research Institute, Hamilton Canada).