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On classe traditionnellement les organismes par règne (animal/végétal/champignons) ; Physarum Polycephalum n’appartient à aucun, mais possède des liens avec tous. Cet organisme unicellulaire a été surnommé « blob » par Audrey Dussutour, la spécialiste française, en hommage à un film d’horreur américain de 1958 du même nom.
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Connaissez-vous Physarum Polycephalum, surnommé le blob ?

On classe traditionnellement les organismes par règne (animal/végétal/champignons) ; Physarum Polycephalum n’appartient à aucun, mais possède des liens avec tous. Cet organisme unicellulaire a été surnommé « blob » par Audrey Dussutour, la spécialiste française, en hommage à un film d’horreur américain de 1958 du même nom.

Le blob est une étrange masse colorée qui aime la fraîcheur et la pénombre des sous-bois où il grossit très rapidement jusqu’à couvrir plusieurs mètres carrés. Pas étonnant que les américains se soient emparés du phénomène pour en faire la star d’un film d’horreur. Mais le blob existe réellement ; vous pouvez parfaitement le croiser lors d’une de vos balades en forêt. Pas de souci, il est parfaitement inoffensif.

Mais finalement… qu’est-ce qu’un blob ?

Le blob, constitué d’une seule cellule géante, n’a pas de système nerveux ni de cerveau. Il ressemble à une mousse gélatineuse jaune et aime vivre dans les sous-bois, dont il apprécie l’humidité et l’obscurité. Il peut alors s’étaler sur plusieurs mètres carrés. Impressionnant mais pas dangereux.

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Les biologistes ont classé le blob dans les « protistes » ; il est le plus grand organisme unicellulaire du monde, avec de nombreux noyaux. Autre particularité : il présente 221 sexes et est presque immortel : si on le coupe, il cicatrise ; il résiste au feu mais craint la lumière et la sécheresse. Pour s’en protéger, il hiberne. Le blob se déplace (lentement), se nourrit de champignons (ou de flocons d’avoine dans les laboratoires des biologistes) rappelant le règne animal. Il produit des pigments comme le règne végétal et se reproduit comme les champignons.

Plus encore : le blob apprend, se souvient et transmet.

Ces caractéristiques sont attribuées aux organismes avec cerveau et système nerveux, capables de s’adapter à leur environnement. Audrey Dussutour, la spécialiste française, a démontré que le blob est capable de sortir d’un labyrinthe. Et, lorsqu’il recherche de la nourriture, il ne repasse jamais là où il est déjà passé, montrant une forme de mémoire spatiale (il laisse derrière lui un mucus sur lequel il ne repasse jamais).

Plus étonnant, le blob apprend ; placé devant des substances amères mais inoffensives, il apprend à passer dessus pour accéder à la nourriture. Cet apprentissage, nommé habituation, est en lien avec une substance donnée : le blob apprend à ne plus redouter la substance qu’il a déjà dû traverser, et sur laquelle il repassera sans difficulté. Et le blob transmet ses connaissances en fusionnant avec un autre blob. Les scientifiques ont appris à des blobs à passer sur du sel (un répulsif).  Ils ont fusionné un blob « expérimenté » avec un blob « naif » ; le nouveau blob traverse le sel quand la fusion naif/naif s’y refuse.

Enfin, le blob a un comportement différent en fonction de son continent d’origine…. Des capacités étonnantes pour un organisme méconnu qui remettent en cause la manière de voir le vivant.

 

Le blob, constitué d’une seule cellule géante, n’a pas de système nerveux ni de cerveau. Il ressemble à une mousse gélatineuse jaune et aime vivre dans les sous-bois