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La thématique des JFHOD (Journées Francophones d’Hépato-gastroentérologie et d’Oncologie Digestive, Paris, 22 au 25 mars 2018) était cette année « la douleur ». Dans le cadre de son partenariat avec les JFHOD, le laboratoire Biocodex a organisé un atelier le 22 mars sur le thème des liens entre douleur et microbiote intestinal à travers l’exemple du syndrome de l’intestin irritable (SII). Cette session a été présidée par le Pr Jean-Marc Sabaté (service de gastro-entérologie de l’hôpital Avicenne, Bobigny).
SII-Alflorex

Lutter contre la dysbiose intestinale du syndrome de l'intestin irritable (SII)

La thématique des JFHOD (Journées Francophones d’Hépato-gastroentérologie et d’Oncologie Digestive, Paris, 22 au 25 mars 2018) était cette année « la douleur ». Dans le cadre de son partenariat avec les JFHOD, le laboratoire Biocodex a organisé un atelier le 22 mars sur le thème des liens entre douleur et microbiote intestinal à travers l’exemple du syndrome de l’intestin irritable (SII). Cette session a été présidée par le Pr Jean-Marc Sabaté (service de gastro-entérologie de l’hôpital Avicenne, Bobigny).

La définition actuelle du SII (critères de Rome IV) met en avant la place centrale de la douleur abdominale chronique, condition indispensable au diagnostic. Sur le plan des mécanismes, des données de plus en plus robustes suggèrent le rôle de la perturbation de la flore microbienne intestinale dans le SII. On a ainsi pu récemment mettre en évidence un lien entre la prédominance de certaines espèces bactériennes et l’intensité des manifestations du SII. Un état de déséquilibre du microbiote, appelé dysbiose intestinale, est ainsi présent chez près de 2/3 des patients.

La dysbiose intestinale intervient dans les manifestations du SII à tous les niveaux, notamment via son effet sur la fermentation bactérienne. Citons ainsi l’implication du microbiote dans la motricité et la perméabilité intestinale ou encore l’hypersensibilité viscérale. Récemment, on a pu établir un lien entre la dysbiose et la présence d’une proportion importante de cellules immunitaires retrouvées au sein de la paroi intestinale (lymphocytes T CD3+ et mastocytes), ainsi que des médiateurs (cytokines, protéases, métabolites des acides gras poly-insaturés).

Enfin, un lien entre microbiote et fonctionnement cérébral pourrait rendre compte de certains aspects du SII.

Les interventions sur le microbiote à notre disposition aujourd’hui

L’éviction d’un certain groupe d’aliments, appelé « FODMAPs » (pour Fermentable : Oligosaccharides, Disaccharides, Monosaccharides et Polyols) donne des résultats prometteurs mais la spécificité de l’efficacité de cette intervention par rapport à une simple alimentation saine reste à démontrer. Un antibiotique non absorbable, la rifaximine a montré une efficacité significative, mais modeste, et n’est pour l’instant pas accessible en France dans cette indication. Les prébiotiques et la transplantation fécale n’ont pour l’instant fait l’objet que de très peu d’études.

En revanche, plusieurs méta-analyses soulignent le rôle global des probiotiques sur la dysbiose intestinale liée au SII. Elles nous apprennent que tous les probiotiques n’ont pas d’effet démontré sur le microbiote et que le choix de la souche est capital. Bifidobacterium infantis 35624® a montré son effet sur l’ensemble des manifestations, mais également sur le profil cytokinique des patients. Bifidobacterium infantis 35624® a une action de régulation du système immunitaire en stimulant la sécrétion d’Il-10 par les cellules mononuclées du sang périphérique. Son action semble également médiée par un effet sur la sensibilité viscérale. Grâce à cet effet décrit, elle est la seule souche citée dans les recommandations de la SNFGE (Société Nationale Française de Gastro-Entérologie).

J.M. Sabaté, N. Cenac, P. Jouet, M. Prost. Atelier partenaire biocodex.
Microbiote et dysbiose intestinale : l’exemple du SII. JFHOD, 22 au 25 mars 2018, Paris.
SP-18.02